23/12/2008

Interview ...

Interview de Christophe Bassons : "ce n'est pas avec un personnage comme Lance Armstrong que l'image du cyclisme va en sortir grandie."


© Vélo 101

 Christophe, neuf ans après votre abandon médiatique sur le Tour de France 1999, qu'êtes-vous devenu ?
"Sur le plan professionnel, je suis professeur de sport à la direction régionale et départementale de jeunesse et sport d'Aquitaine, où j'ai deux missions principales. D'une part je suis conseiller en réglementation des activités physiques et sportives et d'autre part je suis correspondant régional antidopage pour le compte de l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD). Je mène également des actions de prévention en dopage. Coté sport, je cours pour l'équipe de trail Salomon."

Aujourd'hui, quel regard portez-vous sur le cyclisme professionnel ?
"Je porte un regard lointain sur le cyclisme professionnel.
 
Toutefois, il y a à peine un mois, je me suis inquiété et j'ai quand même pris contact avec le cyclisme pro. Quand j'ai vu la tournure que prenait le Tour de France, son inscription au calendrier de l'UCI et donc son échappement à l'AFLD, je me suis bougé. Les contrôles plus poussés cet été ont permis de trouver des coureurs ayant pris de la CERA, qui est une EPO de troisième génération alors qu'aujourd'hui nous sommes rendus à la cinquième génération. Comme quoi il y a encore du travail à faire. D'après moi, si le Tour retombe dans le giron de l'UCI, on a de quoi s'inquiéter. D'ailleurs, si Lance Armstrong attendait pour savoir s'il venait sur le Tour, c'était peut-être en partie pour savoir qui serait en charge des contrôles, l'UCI ou l'AFLD."

Qu'avez-vous fait alors ?
"Je me suis permis de contacter en premier lieu Eric Boyer, responsable des équipes professionnelles, qui malheureusement m'a expliqué que par ses prises de positions il s'était fait jeter par les cyclistes étrangers et par l'UCI. On lui avait fortement demandé de démissionner. Je me suis donc retourné vers l'UNCP. Xavier Jan m'a ouvertement dit qu'ils n'avaient pas besoin de moi et se chargeaient dans l'ombre de faire le nécessaire pour conserver l'éthique du cyclisme professionnel. Je lui ai simplement rappelé que par ma position actuelle, je pouvais les soutenir dans leurs démarches et que je ne leur en voulais nullement."

Pensez-vous que les choses aient changé aujourd'hui ?
"Jusqu'à il y a trois mois, je pensais qu'il y avait d'énormes changements et j'ai eu l'occasion de discuter avec certaines personnes qui ont des connaissances sur le passeport biologique. Je parle du suivi biologique, c'est-à-dire le suivi longitudinal (quatre prises de sang par an) et qui malheureusement nous fait apparaître encore quelques déséquilibres. Je devrais même dire pas mal... ce qui laisse planer pas mal de doutes. S'ajoute à cela la non réaction des coureurs cyclistes. Il existe une loi, on la contourne, certains se permettent d'aller à l'encontre. Il y a certains athlètes qui pourraient faire bouger le peloton pour l'intérêt général, mais ils préfèrent plutôt assurer leurs carrières ou fin de carrière que de s'engager dans ce genre de combat."

Regardez-vous le Tour chaque année ?
"Non. Cette année, j'ai dû voir deux étapes. Je regarde cela de loin pour savoir qui est devant mais c'est tout. Les cas positifs sur le Tour, ce sont mes collègues qui me les apprennent. Par contre, toutes les autres courses, je ne les suis absolument pas. J'ai été cycliste dix ans, quatre ans amateur et six ans pro, mais aujourd'hui j'ai complètement changé de sport. Je fais du trail."

Avez-vous toujours des amis dans le cyclisme professionnel ?
"Non (il sourit). Enfin j'ai des amis que j'ai connus dans le milieu, c'est-à-dire mon entraîneur Antoine Vayer, avec qui je suis toujours en relation. Après j'ai connu d'autres personnes comme le diététicien Denis Riché et puis c'est tout. Dans le cyclisme, quand je suis parti, je n'avais pas d'amis et ce n'est pas après le Tour 99 que j'allais en avoir. Même si certains coureurs m'ont soutenu comme Gilles Delion ou Jérôme Chiotti, ce n'étaient pas des amis. Pendant mon dernier Tour, il y avait des coureurs qui venaient me parler de l'affaire et même me soutenir mais plus tard bon nombre ont été impliqués dans une affaire de dopage... Je n'apprends rien à personne quand je dis qu'entre les coureurs il y a une grande hypocrisie qui règne, on va dire blanc alors que l'on pense noir."

Avec tout ce que vous savez aujourd'hui, auriez-vous la même prise de position ?
"Oui. Est-ce que la méthode changerait, je ne sais pas. A l'époque, contrairement, à ce qui a été dit, j'ai discuté avec les coureurs, j'ai essayé de les faire parler. Je n'ai jamais préservé le fait que j'étais le seul à parler, au contraire je leur disais que j'en prenais plein la tête, qu'ils devaient dire ce qu'ils pensaient. C'est ce qui a failli arriver quand Lance Armstrong a gagné à Sestrières. A l'arrivée, certains étaient fous énervés, ils disaient qu'ils allaient tout dire et puis après une bonne douche et au chaud à l'hôtel, il n'y avait plus rien. J'espérais, je faisais le nécessaire pour."

Quel regard portez-vous sur tous ces événements ?
"On m'a présenté comme la personne qui a dénoncé le dopage, mais je n'ai jamais dénoncé le dopage. On me dit souvent que j'ai été courageux de le dénoncer mais tout est venu du Tour 1998 et de l'affaire Festina. Les autres coureurs de l'équipe, pour se défendre du dopage, ont dit 'tout le monde le fait dans l'équipe sauf Bassons, la preuve, regardez ses résultats'. Dès lors, tous les journalistes sont venus vers moi, mais je n'ai jamais rien dénoncé et je reconnais que pendant trois ans, de 1996 à 1998, j'ai vécu dans un milieu où je voyais ouvertement le dopage mais étant donné que je me faisais plaisir à faire du vélo, je ne disais rien. Chacun son choix. C'est d'ailleurs encore mon raisonnement, je ne suis pas du genre à dire que les gars qui se dopent sont des abrutis. Je réfléchis et je me demande pourquoi ils le font. Je me dis que le cycliste qui arrive des pays de l'est à plus de raison de se doper que moi qui ai toujours vécu dans du coton."

Vous ne regrettez pas d'avoir pris position ?
"Non, je ne regrette pas. D'une part, je déteste le mensonge et d'autre part, il fallait faire quelque chose pour les jeunes qui arrivaient. Quand j'ai quitté le milieu, c'était un choix personnel, même s'il y avait une forte pression. A l'époque, je subissais du harcèlement moral et même physique puisque l'on a essayé de me mettre plusieurs fois dans le fossé. J'ai été poussé vers la porte de sortie. J'ai fini par casser mon contrat et à laisser les six derniers mois de salaire auxquels j'avais droit pour démarrer ma carrière de professeur de sport. Mais c'est un choix que j'ai fait et j'ai énormément gagné en confort de vie parce que ça m'a permis de faire du sport en électron libre, comme j'en avais envie, sans aucune pression. Juste le plaisir. Comme j'ai toujours dit, cycliste professionnel ce n'était pas ma profession. J'étais bien payé, tant mieux, mais ma vraie vie professionnelle, elle a débuté après le cyclisme et c'est pour ça que je n'étais pas prêt à faire des courses comme le Tour, parce que psychologiquement et même si j'avais des tests en labo au-dessus de la norme, la gagne je m'en foutais, je me dépouillais plus pour un collègue que pour moi-même."

Que vous inspire le retour de Lance Armstrong ?
"Je ne peux pas dire que je sois heureux du come-back de Lance Armstrong. On se bat pour donner une bonne image du cyclisme et ce n'est pas avec un tel personnage que l'image du cyclisme va en sortir grandie. On a beau dire ce que l'on veut mais il traîne pas mal de charrettes derrière lui et entre autre il a été trouvé de l'EPO dans ses urines datant de 1999. Il y a quelque chose de malsain dans ce retour, on n'en connait pas réellement la motivation. La raison du cancer, ça ne tient pas. Peut-être que c'est un gros coup de pub pour sa future carrière politique mais ça c'est l'avenir qui nous le dira. Le doute sur sa venue au Tour tenait du fait qu'il voulait savoir qui allait faire les contrôles. Etant à l'AFLD, je peux vous dire sincèrement que si l'agence avait été en charge des contrôles, le nécessaire aurait été fait pour le contrôler au maximum, et ça il le savait. Maintenant Lance Armstrong est quelqu'un d'extrêmement intelligent et s'il revient sur le Tour, c'est qu'il se sent fort et prêt à le gagner car il ne servira pas d'équipier."

On parle souvent de dopage dans le cyclisme, quel est votre point de vue sur les autres sports ?
"On connaît les limites des contrôles parce que les athlètes savent se doper en fonction d'eux. Même si l'on essaie de mettre un maximum de contrôles inopinés à l'entraînement, dans des compétitions non prévues. Résultat, en foot, aucun positif alors qu'en Aquitaine c'est le troisième sport contrôlé. En rugby, si l'on excepte le cannabis, quasiment pas de positif. Alors bien évidemment ma conclusion ne va pas être de dire qu'il n'y a pas de dopage dans le foot et le rugby, ma réponse est de dire : ils savent le faire. Bien évidemment, je ne peux pas donner de pourcentage, mais pour moi scientifiquement, en tant que sportif, et vu l'enjeu qu'il y a, je ne peux pas imaginer qu'il n'y ait pas de footballeurs ou de rugbymen qui ne se dopent pas. Mais ça c'est mon avis personnel. Le fait est que les contrôles démontrent le contraire et c'est terrible. J'ai orienté la conversation vers le foot et le rugby mais l'athlétisme, ce n'est pas clair, et que dire de l'haltérophilie. Dans nos contrôles, c'est le plus gros pourcentage de positifs."

Pensez-vous que le sport de haut niveau puisse créer une dérive physiologique ?
"Quand j'ai démarré le cyclisme en Juniors, j'avais 47 % d'hématocrite, actuellement je ne dépasse plus 41. J'ai perdu 7 points en dix ans de cyclisme. Quand je faisais le Tour de Suisse, que je terminais au bout de sept jours de course avec 35 % d'hématocrite, quel était mon état ? C'est d'ailleurs pour cette raison que le médecin de l'équipe Festina m'avait proposé de faire une piqûre d'EPO, pour que je puisse avoir 42 % d'hématocrite pour le lendemain. Avait-il raison ou non ? Ou valait-il mieux que je continue avec mes 35 % et mon taux de fer au ras des pâquerettes ? La réponse simple est de dire tu te reposes, mais quand tu es professionnel on ne te paie pas pour te reposer tous les quinze jours. Il faut faire quelque chose dans ce cas. Qu'est ce que l'on fait, on va te rééquilibrer en fer, mais que l'on te rééquilibre en fer ou en EPO, pour moi le principe est le même, l'acte est le même. La personne qui prend du fer parce qu'il a baissé en fer, c'est la même chose que le coureur qui prend de la vitamine B12 en intraveineuse ou autre chose pour un rééquilibrage. Je me suis toujours battu contre la démarche de principe, c'est ma conception et c'est ce qui m'a permis de refuser tout acte médical. Parce que la première marche, c'est la prise de cachet, la deuxième c'est l'injection intramusculaire et ensuite intraveineuse et le dernier acte c'est la perfusion. Même si à l'époque j'en ai eu deux ou trois pour récupérer, j'ai cogité et je me suis dit que je déviais. Fort heureusement, j'ai su me remettre dans le droit chemin."

 

Propos recueillis par Jean-Eric Lacotte le 19 décembre 2008. @velo101

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14/12/2008

Championnats d'Aquitaine de Cyclo-Cross 2008

uclhsm 2009

2

saint magne de castillon

Championnats d'Aquitaine de cyclo cross - Saint Magne de Castillon

 organisés par l'US RAUZAN

1

 Cadets :Gélabert ( us villenave )
 Juniors: Valade Jayson ( avc libourne)
 Féminines : Moreau ( st felix de foncaude)
 Espoirs: Valade Dylan ( avc libourne ),turtaud ( cc marmande)
 Séniors: Herbreteau ( lescar),

Bellot ( artix),Junqua ( vc langon Preignac )

4

saint magne de castillon

7

6

8

5

uclhsm 2009

15:40 Écrit par bellxone@hotmail.fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |